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Claviers
Photo d'orgue Welson Orgue Welson

Je jouais déjà en groupe depuis un an ou deux mais je n'avais pas mon propre clavier. Ce fut chose faite grâce à l'obtention de mon bac : un bel orgue Welson dont le premier octave pouvait être utilisé en accompagnement basse-batterie grâce à l'arrangeur incorporé. A vrai dire, je ne me suis jamais servi de ce gadget, mais je n'allais pas non plus faire la fine bouche alors qu'on m'offrait un cadeau de prix qui allait enfin me permettre d'améliorer ma technique et, surtout, de composer.

Synthé violon Elex

Photo d'Elka Rhapsody Ok, les connaisseurs auront remarqué que la photo représente le fameux Elka Rhapsody. Mea culpa : je n'ai pas réussi à mettre la main sur une photo de son frère jumeau méconnu et oublié, de marque Elex. Mais honnêtement, à part le coffrage de métal du premier et de bois du second, les deux se ressemblent comme deux gouttes d'eau. Ce synthé violon reste attaché au souvenir d'un des morceaux les plus complexes qu'il m'ait été donné de jouer, écrit et composé par Christian, guitariste du groupe Symphisodon. Complexe par le rythme et par l'incroyable descente d'accords qu'il m'avait réservée. Mais si je m'en souviens aussi bien au bout de tant d'années, c'est que cette Vie de ville (que nous répétions sous le nom de code de La marche) reste l'un des morceaux les plus émouvants de ma carrière de musicien amateur. « Pourquoi n'arrive-t-on jamais à voir la figure des gens qu'on aime ? », pleurait le chant. Il m'est arrivé plus d'une fois de pleurer aussi, en le jouant.

Korg Polysix

Photo du Korg Polysix Sorti en 1981, le Polysix a fait un véritable « carton » : enfin un vrai synthé polyphonique programmable à un prix abordable ! Le mien dort maintenant dans son emballage d'origine, mais je n'envisage pas sérieusement de m'en séparer. Certes, il souffre un peu d'arthrose (des notes « sautent » quand on en joue rapidement) et je ne l'ai jamais fait midifier. Mais je conserve un souvenir nostalgique de notre relation. D'abord par le nombre de morceaux que nous avons composés et joués ensemble, ensuite par le contact véritablement physique de sa programmation, avec des potars à tourner dans tous les sens. Il avait des sons incroyables, très « pêchus » (j'en avais par exemple tiré un grondement plus qu'inquiétant pour illustrer la résurrection de Lazare, quand je m'étais laissé embarquer dans l'aventure d'un concert paroissial par un groupe de jeunes cathos). C'était un instrument formidable.

Yamaha DX7

Photo du Yamaha DX7 Bien que technologiquement plus avancé que le Polysix, je n'ai jamais vraiment aimé cette autre grande vedette qu'a été le DX7, premier synthé véritablement numérique (technologie dite de synthèse FM) et communicant (Midi). J'en avais fait l'acquisition pour compléter mes registres sonores dans les gammes de pianos, de cordes pincées et autres instruments « naturels » ou percussifs. A cet égard, il a parfaitement rempli son office (je me souviens notamment du son d'usine du Koto, très réussi, dont je me suis servi dans le morceau Antonius Block du groupe Nemo). Mais ça n'a pas accroché entre nous. Le contact charnel avec l'instrument restait trop froid à mon goût, sa sonorité manquait de grain et de profondeur, malgré son clavier sensitif. Le fait est qu'il est grandement responsable du son très aseptisé de la pop FM des années quatre-vingts.

Roland D50

Photo du Roland D50 Le D50 est, aujourd'hui encore, mon instrument de prédilection. Sorti en 1987, ce synthé présente l'avantage de combiner des échantillons de sons d'une qualité remarquable, un paramétrage des filtres et enveloppes (selon une technologie dite de synthèse arithmétique linéaire) et des effets (réverb, chorus...). Ses sons d'usine sont impeccables – certains, comme Living Calliope ou Digital Native Dance, ont été abondamment utilisés dans la production musicale de la fin des années quatre-vingts – mais c'est dans la programmation que, personnellement, je retire le plus de satisfaction de cette étonnante machine. Je peux y passer des heures à peaufiner un son, tant les couches qui le composent et les paramètres qui l'influencent sont nombreux et complexes à bien maîtriser. En tout cas, c'est bien grâce à la diversité et à la chaleur sonore du D50 que je me suis particulièrement éclaté à travailler les ambiances de mes morceaux et de ceux joués en groupe. L'art de la composition est varié : on peut partir d'une mélodie, d'une suite d'accords, d'une ligne de basse ou d'un rythme. Avec le D50, c'est le son lui-même et l'atmosphère instinctive qu'il dégage qui me fournissent l'inspiration première.

Korg T3

Photo du Korg T3 Puis vint le temps des workstations, machines polyvalentes tenant à la fois du synthé, des instruments échantillonnés et de l'enregistreur numérique 8 pistes. Arrivé avec le Korg M1 (1988), cet assemblage de fonctions au sein d'un unique clavier donne au compositeur une palette extrêmement riche pour donner vie à l'inspiration. Il ne faut pas longtemps pour arriver à jouer et à enregistrer un morceau complet, avec de la guitare, du piano, des cuivres, des cordes, une basse et une batterie. L'ordinateur est évidemment plus pratique pour piloter les opérations d'enregistrement, mais le séquenceur interne de la bête n'était déjà pas mal. Le Korg T3, grand frère du M1, m'a permis de continuer à composer et à arranger des morceaux, puis à enregistrer des maquettes assez abouties bien après avoir quitté mon dernier groupe.

20 janvier 2008

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