1979, Island
Qu'elle ait encore les tournures rageuses du punk ou prenne une mine dépressive voire carrément suicidaire, la new wave de la fin des années 1970 n'était probablement pas préparée à l'irruption de ces trublions des B-52's avec leur look criard tout droit venu de la période « Happy Days » des années 50-60. Avec le recul, il est assez fascinant d'écouter la manière dont ils ont pressenti l'air du temps des années 1980 pour forger dès le départ leur propre style musical, à nul autre pareil, donnant à la new wave les couleurs chatoyantes de l'insouciance, de la joie, de la fête et de la danse. Cette alchimie combine un tempo soutenu, les riffs entêtants d'une guitare claire, des percussions variées, des sons de clavier tenant plus du jouet que de l'instrument de musique et, last but not least, un dialogue vocal très saccadé entre les phrases scandées par Fred Schneider et les vocalises impressionnantes et parfois surprenantes des deux formidables chanteuses que sont Kate Pierson et Cindy Wilson (Rock Lobster). Outre leurs propres compositions, ils n'hésitent pas à puiser dans la culture populaire : le motif de guitare lancinant de Planet Claire a été composé en 1958 par Henry Mancini pour l'émission télévisée Peter Gunn ; Downtown reprend une chanson écrite en 1964 par Tony Hatch pour Petula Clark. Le qualificatif de « kitsch » revient souvent dans la description de la musique des B-52's ; ce n'est pas faux, mais sous des apparences baroques, leur musique est loin d'être superficielle ou anecdotique. Ce premier album montre déjà qu'ils peuvent très bien ne pas vouloir se prendre au sérieux tout en composant et en orchestrant un rock entraînant bien plus sophistiqué et talentueux qu'il n'en a l'air.
22 mars 2026
Dortmund (Allemagne), 14 mai 1983.
Vidéo éditée par hungarianbeast.
1979, Island.