1983, Statik Records
Il est des guitares reconnaissables entre toutes : par exemple les hachures agressives et les entrelacements complexes de Robert Fripp (King Crimson) ou le délai à outrance de The Edge (U2). Il serait fort injuste de ne pas ajouter à la liste les torsades cristallines des Chameleons, un des rares groupes à avoir trouvé sa marque de fabrique dès le premier album. Nous sommes ici dans une new wave pas franchement joyeuse dont la charpente est tenue non par la section rythmique, mais par deux guitares, l'une plutôt en rythmique terrestre, discrète et légèrement distordue, l'autre en arpèges et motifs à la mélancolie céleste. Le chant distant du bassiste Mark Burgess, qui s'aventure parfois sur des chemins harmoniques peu orthodoxes, voire franchement osés (le tout début de Monkeyland, le lancement de la seconde moitié de Second Skin) colore lui aussi de manière unique les chansons des Chameleons. Pourquoi n'ont-ils pas connu un plus grand succès ? Encore un de ces mystères et boules de gomme largement incompréhensibles, à moins de songer qu'au fond, c'est le genre même de la new wave qui n'a pas l'heur de plaire aux foules – sauf à se panacher de limonade pop pour diluer l'amertume dans un peu de sucre. Cet album reste en tout cas intact dans ma mémoire musicale tant sa sonorité est proche de celle que je recherchais dans le groupe amateur dont je faisais partie à l'époque de sa sortie.
31 mai 2026
Londres (Angleterre, Royaume-Uni), le 9 novembre 1984.
Vidéo éditée par dexbam.
1983, Statik Records.