1982, 4AD
La new wave battait déjà son plein, avec en particulier Cure et Siouxsie And The Banshees qui occupaient le devant de cette scène délaissant le nihilisme rageur des punks pour aller vers un pessimisme autrement plus froid, tranchant et mécanique. La musique sombre d'une nouvelle génération désabusée ayant troqué l'épingle à nourrice contre un maquillage outrageux et la crête iroquoise contre une abondante crinière en bataille. Avec leur premier album, les Cocteau Twins se fondent résolument dans ce moule : chant mi-grave et mi-aérien, mi-haché et mi-fluide, basse métallique, boîte à rythmes bien synthétique et minimaliste. La guitare survole le tout à des hauteurs stratosphériques, en arpèges squelettiques mais bardés de manière plutôt inédite d'effets plus envahissants les uns que les autres. Le groupe s'est toutefois dit désappointé par le son de la boîte à rythmes, aseptisé contre leur volonté (1). L'analogie que l'on peut parfois percevoir avec Siouxsie And The Banshees (Wax And Wane par exemple) n'est pas fortuite : la chanteuse Elizabeth Fraser était alors sous le charme de ce groupe. Plus tard, les Cocteau Twins ont inventé leur propre style, nettement plus éthéré et lumineux. Garlands n'en reste pas moins l'un des albums emblématiques de la new wave du début des années 1980, même si l'on peut lui reprocher un son par trop uniforme – sans que ce soit la faute du studio d'enregistrement, pour le coup.
23 août 2026
(1) Robin Guthrie s'en est ensuite voulu de ne pas avoir eu le cran d'envoyer valser les techniciens du studio, pour qui il était totalement hérétique de trafiquer une boîte à rythmes avec une pédale fuzz et de la brancher sur un ampli guitare.
Amsterdam (Pays-Bas), le 29 janvier 1983.
Vidéo éditée par rp61productions.
1982, 4AD.