1973, MCA Records
Arrivé avec plusieurs trains de retard sur les pionniers du rock progressif, Camel a échoué à s'imposer comme l'un des leurs. Son premier album était pourtant très bon, mélangeant rock progressif doux et mélodique à la Pink Floyd (Mystic Queen), jazz-rock (Six Ate), soudaines joutes guitare-orgue dignes du hard-rock à la Deep Purple (Slow Yourself Down, Separation) et même refrains enchanteurs (Never Let Go). Certes, le son est daté – ni la guitare, ni les claviers, l'orgue surtout, ne sonnent plus comme cela. Mais les morceaux sont ambitieux, variés et très bien arrangés. Au fond, peut-être que le son de ce premier album était déjà daté à l'époque, alors que les synthés supplantaient l'orgue, que Deep Purple avait amplement étalonné le hard-rock et que Pink Floyd allait repousser les frontières de l'infini avec The Dark Side Of The Moon, un mois à peine après la sortie de Camel. Au présent, cette absence de nouveauté sonore aura probablement pénalisé les débuts du groupe, en dépit de la réputation scénique qu'il s'était déjà forgée. Cinquante ans plus tard, on ne peut que se réjouir d'écouter un premier album si brillant et si maîtrisé, qui fait honneur au rock progressif britannique des années 1970.
12 juillet 2026
Guilford (Angleterre, Royaume-Uni), le 17 mars 1973.
Vidéo éditée par Sound Voyager.
1973, MCA Records.