2019, Captured Tracks
Si le premier album de Diiv, Oshin, traînait ouvertement ses plectres dans une new wave aux guitares cristallines et aériennes, un peu à la manière des Chameleons, il en va tout autrement de ce troisième opus Deceiver, qui conserve une orientation un peu planante mais l'orchestre cette fois avec des guitares bien saturées à la mode bruitiste. Cette évolution sonore n'en rend que plus saisissant le contraste entre la musique et le chant qui, bien travaillé à plusieurs voix, donne une impression de douceur triste en pleine tempête (Horsehead, Blankenship, Acheron) ou de franche mélancolie contemplative (Between Tides dont l'ambiance me rappelle Troublemaker de Nada Surf, Taker, Lorelei). Peut-être faut-il y voir l'influence du producteur Sonny Diperri, qui a côtoyé My Bloody Valentine comme ingénieur du son. Une autre explication plausible pourrait être que pour la première fois, tous les membres du groupe ont apporté leur pierre à l'écriture des morceaux, qui ont de plus été largement peaufinés en tournée avant d'être enregistrés en studio. À moins que le groupe n'ait mûri sa musique pour se sauver lui-même des turpitudes et des démons intérieurs qui menaçaient sa cohésion, voire son existence. Quoi qu'il en soit, le rock de Diiv peut bien emprunter les voies qui lui chantent, il est toujours aussi prenant.
14 juin 2026
Festival Rock en Seine à Saint-Cloud près de Paris (France), 26 août 2022.
Vidéo éditée par neurokinetics.
2019, Captured Tracks.