Starless

Peter Gabriel / Peter Gabriel (1)

Pochette de l'album "Peter Gabriel (1)" de Peter Gabriel

1977, Charisma Records

Entre les aficionados de Genesis qui pleuraient encore son départ et ceux qui l'attendaient au tournant, ce premier album solo de Peter Gabriel était porteur d'un certain enjeu, comme dit la novlangue des gens d'en haut. En clair : il n'avait pas intérêt à se planter. Genesis venait de montrer avec l'album A Trick Of The Tail, sorti début 1976 et chanté très honorablement par le batteur Phil Collins, qu'il avait parfaitement surmonté la défection de son chanteur d'origine. Un an plus tard, c'est au tour de Peter Gabriel de montrer ce qu'il est capable de faire seul. Premier constat : à la différence de son collègue guitariste Steve Hackett, qui quitte lui aussi Genesis, Peter Gabriel abandonne immédiatement le rock progressif pour un style tout à fait personnel et original de chansons pop-rock pour le moins éclectiques. Celles-ci vont puiser dans le folk à la Simon & Garfunkel (Solsbury Hill), le blues (Waiting For The Big One), le rock plus dur (Slowburn, Modern Love), jusqu'à convoquer banjo et tuba (Excuse Me) et – soyons fous – l'orchestre symphonique de Londres (Down The Dolce Vita). Mais la véritable « patte » de Peter Gabriel est dans ces chansons faussement calmes, qui se développent sur deux ou trois accords de piano agrémentés de percussions discrètes mais complexes, jusqu'à déboucher sur de majestueuses envolées (Humdrum, mon préféré de l'album, et Here Comes The Flood). Ce qui est quand même étrange, c'est que pour ces premiers pas en solo, Peter Gabriel ait multiplié les risques en s'associant à un producteur, Bob Ezrin, a priori fort éloigné de son univers musical (Alice Cooper, Kiss...). De fait, pour plus de sûreté face aux musiciens recommandés par Bob Ezrin, Peter Gabriel a fait appel à deux renforts de confiance, le guitariste Robert Fripp de King Crimson et le claviériste Larry Fast, qui avait travaillé avec Yes. Il est tout de même à noter que parmi les musiciens amenés par Bob Ezrin figurait un certain Tony Levin, à la basse, qui se révélera comme l'un des plus fidèles piliers de Peter Gabriel et du nouveau King Crimson à venir.

16 février 2020

Vidéo / Humdrum

Enregistrement live à Essen (Allemagne) pour une émission télévisée, le 15 septembre 1978.
Vidéo éditée par Peter Gabriel.

Chansons de l'album

  1. Moribund The Burgermeister
  2. Solsbury Hill
  3. Modern Love
  4. Excuse Me
  5. Humdrum
  6. Slowburn
  7. Waiting For The Big One
  8. Down The Dolce Vita
  9. Here Comes The Flood

Crédits

Musiciens

Peter Gabriel (chant, claviers, flûte).
Avec Jozef Chirowski (claviers), Larry Fast (synthétiseurs, programmation), Robert Fripp (guitare, banjo), Steve Hunter (guitare), Tony Levin (basse, tuba), Jim Maelen (percussions) et Allan Schwartzberg (batterie).
Avec aussi Dick Wagner (chœurs sur 6 et guitare solo sur 10) et l'orchestre symphonique de Londres dirigé par Michael Gibbs.

Auteurs

Écrit et composé par Peter Gabriel sauf 4 par Peter Gabriel et Martin Hall. Arrangements pour l'orchestre symphonique de Londres par Michel Gibbs.

Production

Produit par Bob Ezrin pour My Own Production.
Enregistré par Brian Christian et mixé aux studios Soundstage à Toronto (Ontario, Canada). Enregistrements additionnels par Dave Harris aux studios Morgan et Keith Grant aux studios Olympic à Londres (Angleterre, Royaume-Uni).
Mastérisé par George Graves aux studios JAMF à Toronto.
Édité par Ear Pieces / Hit and Run sauf 4 par Ear Pieces / Air and Graces Music.

Pochette

Hipgnosis.

Parution et label

1977, Charisma Records.

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© René-Luc Bénichou / 2005-2020. Page éditée le 16 février 2020