2017, Partisan Records
« Faut reconnaître, c'est du brutal ! » Il est difficile pour un Français biberonné aux dialogues de Michel Audiard de ne pas songer à cette fameuse réplique des Tontons flingueurs en découvrant le tout premier album des Idles. Cette analogie ne vient pas tant de son titre – même s'il est fort juste – que de son rock de l'urgence, de la colère et de la tristesse, assené à toute blinde par des guitares vrilleuses de tympans et un chant catapultant tout le mal que son auteur peut penser du comportement de ses semblables – avec la lucidité bienvenue de ne pas s'en exclure. Ou encore, sur le même ton, pleurant une mère disparue pendant l'enregistrement de l'album (Mother, un sommet). La frontière vers un punk bruyamment contestataire n'est guère loin mais les Idles restent du côté plus réfléchi de la brutalité. D'abord parce qu'ils ont de l'expérience : un premier album, certes, mais avec huit ans de concerts dans les pattes, déjà. Cela s'entend en particulier dans les guitares qui déploient un jeu plus soigné et un nuancier de sonorités bien plus sensible qu'il n'y paraît au premier abord. Ensuite parce que le voile de chagrin qui assombrit tout l'album lui tire parfois des accents new wave et le rend nettement plus attachant que s'il se contentait de pester contre la-guerre-c'est-mal et les-politiques-tous-pourris.
30 août 2026
Paris (France), 3 décembre 2018.
Vidéo éditée par Idles.
2017, Partisan Records.