1967, Decca
Probablement bien décidés à terminer leurs jours la guitare à la main, les Rolling Stones viennent de sortir un 25e album, Foreign Tongues, qui ne leur fait pas vraiment honneur. Ce n'est pas la première fois et l'on ne saurait blâmer une carrière de 60 ans qui aura évidemment connu des hauts magistraux, mais aussi quelques pannes, paresses, lassitudes et doutes. En remontant le temps, on pourrait citer l'exemple de l'album Between The Buttons, paru en 1967 et qui, à mon avis, fait partie des plantages en beauté qu'aura connus le groupe. Certes, la version américaine (1) s'ouvre sur le tube Let's Spend The Night Together, mais la douzaine de chansons réunies ici a de quoi laisser perplexe tant elles sont éclectiques et inégales, parfois bizarrement arrangées et, pour certaines, franchement très loin du rock, comme si les Stones avaient voulu imiter les Beatles. Par ailleurs, le son est largement pourri, ce que ne démentait pas Mick Jagger, très déçu du résultat à l'exception de Back Street Girl (dans la version anglaise seulement). Il faut dire que l'enregistrement s'est étalé sur plusieurs mois dans des studios différents et sur magnétophones 4 pistes, obligeant à mixer et remixer encore ce qui était déjà sur bande pour faire de la place aux ajouts (overdubs), qui furent nombreux. Seul le titre Miss Amanda Jones sauve un peu les meubles, avec son rock endiablé et la guitare bien inspirée et saturée de Keith Richards.
26 septembre 2026
(1) À cette époque, chaque production des Stones faisait l'objet de deux éditions distinctes, l'une pour l'Europe, l'autre pour les États-Unis.
Hampton (Virginie, États-Unis), le 18 décembre 1981.
Vidéo éditée par HD Schuster.
1967, Decca.