2026, Melodic
J'évite généralement de chroniquer des albums trop récents, surtout s'ils émanent d'un nouveau groupe. La raison en est simple : les informations dont j'ai besoin sont alors souvent trop lacunaires, qu'il s'agisse de la biographie, des crédits, des photos et vidéos. Par ailleurs, ce site personnel n'a absolument pas vocation à signaler les sorties ; bien d'autres s'en chargent très bien. Mais voilà : le premier album du jeune trio Shaking Hand de Manchester m'a tellement tapé dans l'oreille (les titres Sundance et Mantras tout particulièrement) que je ne résiste pas à l'envie de l'ajouter dès maintenant à ma discothèque commentée. Leur dextérité dans l'art de tarabiscoter des motifs et arpèges répétitifs façon math rock me remet en mémoire ma première écoute abasourdie du brio des Mabuses. Leur style est certes fort différent – il est du reste difficile de leur coller une seule étiquette entre rock alternatif, post-rock, post-punk, math rock ou art rock. La référence à Slint qu'ils mettent en avant, parmi d'autres comme Pavement ou Sonic Youth, se retrouve effectivement dans l'atmosphère mélancolique qui se dégage de leurs compositions longues, complexes et enchaînant les sonorités différentes. Une caractéristique d'ailleurs remarquable pour une formation classique guitare-basse-batterie ne comptant pas sur les effets pour se démarquer, mais sur la seule technique instrumentale. Le chant pourrait être le maillon faible, mais le choix de le rendre un peu lointain et aérien s'avère fort judicieux. Au fond, la seule réserve que l'on pourrait émettre serait que l'omniprésence inventive de la guitare finit par détourner l'attention des morceaux eux-mêmes pour se concentrer sur le seul jeu du guitariste.
1er novembre 2026
Manchester (Angleterre, Royaume-Uni), le 5 février 2026.
Vidéo éditée par Ian Greenall.
2026, Melodic.