2017, Pinkflag
Lorsque l'on écoute un album de Wire – a fortiori le 16e –, ce n'est certainement pas la révolution que l'on guette, mais le détail subtil qui rend ces chansons presque toutes attachantes alors qu'objectivement, elles n'ont rien d'impressionnant et se ressemblent quasiment toutes : tempo plutôt lent (quoique Short Elevated Period fasse exception), deux ou trois accords en guise d'ossature, chant posé et calme, batterie ascétique, son d'ensemble confiné dans les médiums tout en étant assez ample par l'alliance de guitares aux effets soigneusement dosés et de synthés sachant rester discrets. La soixantaine bien sonnée de ses membres – à l'exception du « jeunot » Matthew Simms – creuse encore la distance que Wire a toujours adoptée à l'égard de l'esbrouffe, du tape-à-l'œil et du boucan inutile. Son rock pour grands enfants calmes se déguste comme un verre de bon vin, apaise comme le ronronnement d'un chat sur les genoux, ravit comme l'écureuil aperçu dans la forêt, avive l'esprit comme la belle phrase d'un roman ou d'un poème.
12 avril 2026
Studios de la radio KEXP à Seattle (Washington, États-Unis), le 6 avril 2017.
Vidéo éditée par KEXP.
2017, Pinkflag.