Starless

Peter Gabriel / Biko

Steve Biko, militant anti-apartheid de 31 ans, est arrêté une énième fois par la police le 18 août 1977. Détenu pendant une quinzaine de jours à Port Elizabeth, il est transféré à la prison centrale de Pretoria le 11 septembre. Il y arrive dans un état critique : vilaine plaie à la tête, ecchymoses un peu partout sur le corps. Il meurt le lendemain d'une lésion cérébrale. L'opinion mondiale s'émeut. Peter Gabriel compose un hymne à ce martyr de la lutte anti-apartheid et le jouera désormais en conclusion de tous ses concerts. Au-delà de la cause elle-même, je trouve remarquable que Peter Gabriel n'ait pas cédé à la facilité de pondre une guimauve larmoyante à grands renforts de piano (dont il joue souvent) et de violons. Non, on a là un chant tribal en ouverture, une percussion lancinante tout au long du morceau, des sons torturés de guitare, une mélodie simple portée par une voix décidément unique, quelques accords plaqués au piano, la trouvaille géniale d'une cornemuse pour le contrechant et, au final, un cri scandé en choeur, que des générations de foules hurleront des années durant en agitant leurs briquets, tandis qu'un par un les musiciens quitteront la scène, ne laissant plus que le batteur pour terminer le concert d'un coup sec à la caisse claire. On entend parfois des voix se moquer ou s'agacer de l'engagement humanitaire de Peter Gabriel. Ce que j'entends pour ma part, c'est que son indignation et sa foi en un monde meilleur lui ont inspiré l'un de ses meilleurs morceaux et lui ont permis de trouver sa propre direction artistique, faite d'un mélange d'égale fascination pour les technologies avancées et les musiques venues du berceau de l'humanité.

12 août 2008

Vidéo / Biko

Amnesty International Conspiracy of Hope Tour, 1986

Auteurs

Textes et musique : Peter Gabriel.

Paroles

September 77
Port Elizabeth weather fine
It was business as usual
In Police Room 619

Oh Biko, Biko, because Biko
Oh Biko, Biko, because Biko
Yilha Moja, Yilha Moja
The man is dead

When I try to sleep at night
I can only dream in red
The outside world is black and white
With only one colour dead

Oh Biko, Biko, because Biko
Oh Biko, Biko, because Biko
Yilha Moja, Yilha Moja
The man is dead

You can blow out a candle
But you can't blow out a fire
Once the flame begins to catch
The wind will blow it higher

Oh Biko, Biko, because Biko
Oh Biko, Biko, because Biko
Yilha Moja, Yilha Moja
The man is dead

And the eyes of the world are watching now
Watching now

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© René-Luc Bénichou / 2005-2019. Page éditée le 20 avril 2019.